mardi 3 avril 2012

Dans la série malédiction des vélos & situations absurdes

Pour ceux qui ont suivi mes (més)aventures jusqu'ici, vous savez donc que j'en suis à mon troisième vélo depuis le début du semestre, ayant été victime à deux reprises du crime le plus affreux perpétré au Danemark, à savoir le vol de vélo. Un lien à établir peut-être avec la consommation excessive de bières les vendredis et samedis soirs par ces délicieux autochtones : l'alcool décuplant l'audace, le Danois dit "fu**" à la société en commettant un acte anticitoyen, que dis-je, un forfait grandement répréhensible. Mais la prochaine fois, s'il-te-plaît, que tu sois Rasmus, Morten ou Mads (je vous ai déjà dit que les Danois s'appelaient tous pareil ?), quitte à vouloir affirmer ton esprit révolutionnaire, choisis plutôt de traverser au feux rouge que de voler ma monture. Et puis regardes-y à deux fois. Sérieusement au milieu d'une foule de vélos rutilants, pourquoi voler le mien, plus moisi d'entre les moisis ?

Mais ce n'est pas le sujet. 

J'ai donc fait l'acquisition d'un nouveau vieux vélo (qui se révèle en mauvais état et inutile mais c'est une autre histoire - la malédiction continue). Après deux jours d'utilisation de ce dernier, j'ai malencontreusement égaré la clé du cadenas de la roue arrière. Me voilà donc forcée de me rendre au magasin de vélo le plus proche pour faire couper le cadenas. Au passage, un transport plutôt cocasse puisqu'il s'agissait de faire rouler le vélo sur la roue avant en soulevant la roue arrière. Le vendeur a passé bien une demi-heure à essayer de couper mon cadenas à la scie sauteuse projetant des étincelles partout, causant une certaine angoisse chez moi qui servait d'assistante en tenant la roue entre mes genoux. Le cadenas a fini par céder et quand j'ai voulu payer le vendeur pour son intervention il a refusé. En revanche il m'a demandé si je pouvais repasser le lendemain avec mon vélo pour prendre une photo souvenir et m'a montré les nombreuses photos de ses souriants clients qui ornaient les mur de sa boutique. Je n'ai pas eu le cœur de refuser, le pauvre avait passé une demi-heure à tout essayer pour libérer ma roue...

Voilà comment je me suis retrouvée à 9h du matin dans un parc avec Myriam et Pierre-Marie (oui, c'est le Danemark mais quand même, j'étais pas hyper rassurée...) à faire une véritable shooting photo d'une heure et écouter les conseils très professionnels d'un marchand de vélo sur la pose que je devait prendre et à me faire mitrailler dans toutes les situations possibles avec mon vélo. On a bien rigolé de l'absurdité de la situation... Et il y aura notre tête pour toujours suspendue sur le mur d'une boutique de vélo à Aarhus... Comment marquer l'histoire !










Un après-midi à la plage - Eloge de la féminité




Version censurée
Samedi dernier, tous les ingrédients étaient réunis pour un pique-nique entre fille sur la plage toute proche. Les manteaux d’hiver laissés à la maison, nous partîmes donc sur nos vélos pour une promenade à travers les bois. L’odeur des sous-bois aux premières chaleurs était enivrante. Bientôt, nous atteignîmes la ravissante plage de Risskov, bordés de galets qui traçait un adorable chemin vers l’eau si claire. La grande esplanade de verdure au bord de la plage était l’appel que nous attendions pour un déjeuner champêtre sur l’herbe. Nous sortîmes nos délicates victuailles avec des mouvements graciles et distingués.  Pittoresque tableau, agrémenté par le bruit des vagues, la délicate brise qui décoiffait, espiègle, nos chevelures lâchés aux quatre vents, dans l’atmosphère d’un délicieux début de printemps. Nous nous ébattions, joyeuses, jouions avec les galets au formes amusantes, dégustions avec délectation les premiers fruits de la saison en chantant des airs d’autrefois.  Quelle journée merveilleuse !


Non, ce n'est pas nous. Crazy Vickings. L'eau est à 6°...


Version non-censurée
Samedi dernier, tous les ingrédients étaient réunis pour un pique-nique entre fille sur la plage toute proche. J’ai regretté d’avoir laissé mon manteau d’hiver à la maison dès les premiers instants  parce que même si le soleil était de la partie, ça caillait bien quand même, surtout au bord de l’eau où l’on se prenait le vent en pleine face. Nous avons traversé les bois, la balade était certes pittoresque mais nous nous sommes perdues deux fois et pris un drôle de chemin de terre en pente à 90° pour atteindre la plage. Ce qui valait bien le coup ! Installées sur l’herbe, nous avons sortis de nos sacs de quoi nourrir un village entier en Somalie et nous avons commencé à nous empiffrer. Les crudités étaient juste là pour nous donner bonne conscience. Quoi qu’il en soit Leur effet sain sur notre organisme ayant probablement été sévèrement remis en cause par les cupcakes choco-framboise et la tonne de Tofifee ingurgitée de la façon la plus élégante qui soit : lécher le chocolat couche par couche pour garder le caramel et la noisette pour la fin ce qui est probablement la chose la plus distinguée qu’il m’ait été donnée de voir en ce monde. Nous nous sommes ensuite poursuivies à coup d’algues en putréfaction avant de jeter des galets dans la mer en poussant de terribles hurlements Vickings. Nous avons trouvé quelques cailloux aux formes éloquentes ce qui nous a fait rire tel des adolescents pré pubères durant une bonne vingtaine de minutes, révélant notre bas niveau d’exigence pour ce qui est de l’humour. Repues, nous nous sommes allongées sur l’herbe pour une sieste digestive après l’orgie alimentaire scandaleuse que nous venions de nous infliger. Reposées, nous avons ensuite entamé une session stridente de chansons Walt Disney, en trouvant super marrant de les chanter chacun en notre langue, pour un rendu terriblement cacophonique, nous attirant ainsi les regards haineux des disciplinés Danois promenant leurs chien. Ce fut une journée fabuleuse. En rentrant, nous avons aperçu un panneau indiquant la présence toute proche d’un hôpital psychiatrique et nous sommes tombées d’accord sur le fait que ça doit quand même être  sympa d’être interné dans un environnement aussi chouette ! 

 


 

mardi 6 mars 2012

Guide pratique pour une conversation cosy en danois


Guide pratique pour une conversation cosy en danois
5 semaines maintenant que je suis mon cours intensif de danois pour débutants. Autant dire que je suis capable de me débrouiller dans à peu près en toute situation. Ce qui n’est pas forcément le cas pour vous. Afin vous inciter à me rendre une petite visite, voici un guide pratique et compact qui recense les expressions à connaître pour vous garantir un séjour agréable chez les Danois. Toutes les expressions citées ici sont extraites de mon excellent manuel de danois qui mériterait bien un article à lui tout seul)…

1/ Pour survivre

Det lyder godt / Det lyder ikke så godt
”dé luheu got / dé luheu iksso got”
C’est cool / C’est pas cool (it sounds good / it does not sound good serait plus approprié)
Utilité : 99%
Connaître cette phrase, c’est être sûr d’avoir quelque chose à dire en toutes circonstances : si l’on vous propose une bière ou du hareng fumé, s’il se met à pleuvoir, si votre vélo déraille…

Jeg vil gerne hav en øl 
”Yé vil guerneu hé ine eul
Puis-je avoir une bière ?
Utilité : 99%
Inutile d’apprendre à dire « Jeg vil gerne hav en glass rødvin” (Puis-je avoir un verre de vin rouge) au risque d’être extrêmement déçu. Et puis prononcer cette phrase, c’est la preuve même de votre désir de vous ouvrir à la culture danoise.

Jeg har tømmamend
"Yé ha teumamed"
J’ai la gueule de bois
Utilité : 75%
Voir précédent. Un des premiers mots qu’on vous apprend lors de la semaine de présentation à l’université. Une phrase de politesse issue de la culture Viking exprimant que vous avez passé une bonne soirée.

Unskyuld, jeg kommer for sent
"Onskeul, yé kommeu fo sent"
Désolée, je suis en retard
Utilité : 50%
Il paraît que les étrangers ont à le dire plus souvent que les Danois. L’heure c’est l’heure ici. Quoique. Il faudrait que je vous parle de l’étrange quart d’heure de politesse qui précède chaque cours. En bref, quand l’emploi du temps indique 10h, le cours ne commence qu’à 10h15, le quart d’heure précédent étant dédié à ne rien faire et attendre.

Det regner
« Dé raïneur »
Il pleut
Utilité : 80%
Sans commentaire.

2/ Pour se faire des amis

Hej, Hvordan går det ?
« Heï, voden gô dé ? »
Salut, ça va ?
Utilité : 75%
Classique mais efficace.

Jeg hedder Daphné, Hvad hedder du ?
”Yé helleu Daphné, Vé Helleu dou ?”
Utilité : 60%
Je m’appelle Daphné, comment t’appelles-tu ?
Idem.

Vil du med til fest i aften ?
”Vil dou mé til fest i afteune”
Vas-tu  à la soirée ?
Utilité : 60%
Je suis super marrante et j’aime faire la fête.
Tu aurais bien de la chance d’être mon ami.

Det var hyggeligt at snakke med dig !
”Dé vau huggeulit é snakkeu mé daï”
C’était vraiment cosy de te parler !
Utilité : 20%
Oui, ça se dit vraiment. Au Danemark, tout est cosy. En réalité « hyggeligt » est un mot intraduisible.  Je songe à exporter ma médiocre traduction de cette expression en France.

Vi ses !
« Vi seys »
Utilité : 60%
A plus !

2/ Pour montre qu'on est super poli

Tak
Merci
Utilité : 70%

Tak skal du have
”Tak ské dou hé”
Merci en mieux
Utilité : 15%

Tak i lige meget
”Tak i ligueu môool”
Merci toi aussi
Utilité : 10%
C’est super classe parce que ça veut dire qu’on sait que ”meget” se prononce ”môool » et franchement… ça n’a rien d’évident.

3/ Pour se débarrasser de quelqu'un

Jeg skal på arbejde i morgen
”Yé ské pau arbaïdeu i môoorn”
Je dois travailler demain
Utilité : 1%
J’ignore pourquoi cette phrase issue d’un dialogue de mon manuel entre Mikkel, Klaus et Anna est l’une de celle que j’ai retenue le plus vite et dont je n’arrive pas à me défaire. L’ennui c’est que je n’ai jamais cours avant midi et que je n’ai jamais l’occasion de la caser en contexte.

Jeg er træt
”Yé ér trèt”
Je suis fatiguée
Utilité : 8%

Du er kedelig
”Dou ér kedeulig”
Tu es ennuyeux
Utilité : 10%
Se dit aussi d’un plat (”det er kedelig”). Au Danemark, une conversation peut être cosy et un plat ennuyeux. Et un bébé délicieux (lækker).

Hvor meget har du drukket ?
”Vo môool hé dou drukkeut ?”
Combien beaucoup as-tu bu ?
Utilité : 70%
Cher ami, tu sembles en petite forme,  je te suggère amicalement d’envisager de rentrer chez toi à présent.

4/ Pour montrer à quel point on est stylé

Jeg kommer fra frankrig
”Yé kommeur fra frankri(g)”
Je viens de France.
Utilité : 100%
Ais-je vraiment besoin de développer ?

Hvordan smager din rødgrød med flødel ?
”Voden smaheu din reu(son imprononçable) mé fleu(son imprononçable)?"
Utilité : 1%
Comment est ton ”plat typique danois – soupe de fruits rouge ou truc dans le genre”
A la limite entre le râle Viking, le raclement de gorge et le gargarisme à l’Eludril. Les Danois aiment bien demander aux étrangers de prononcer le nom de ce plat car tous en sont incapables. Hé oui, nous ne sommes pas tous nés contorsionnistes de la glotte.

Jeg betaler 4000 kr. Om måneden inklusive varme, vand og elektricitet
Je paye 4000 kroner par mois, chauffage, eau et électricité compris
Utilité : 0.0001%
Le summum de la classe. Et facile à caser en toute situation.

5/ Divers

Mig drømmejob er taxachauffør
Mon boulot de rêve est chauffeur de taxi
Utilité : 0%

Jeg skal på vaske op i weekenen
Je vais faire la vaisselle ce week end
Utilité : 0%



lundi 5 mars 2012

Le Danois, ce Hipster.


Le Danois, ce Hipster*.

*Hipster : Vous connaissiez peut-être le Bobo parisien ? Le Hipster pourrait être décrit comme son cousin en un peu moins je-consomme-des-légumes-bios et un peu plus tatoué. Bref, à la pointe de la mode, parfois légèrement à l’extrême. Difficile de décrire ce qui ce cache derrière ce terme fourre-tout. Un étrange mélange entre Dandy, Rock-star gay, Robbie Williams et protagoniste de série des années 90.  Pour plus d’infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hipster

Quoiqu’il en soit, il est certain que le Danois cultive un look bien spécifique. En voici l’équation simplifiée.


- La coupe de cheveux danoise : elle suscite fascination ou dégoût mais elle ne laisse pas indifférent. Court sur les côtés, long sur le devant, elle permet un style rebelle (cf. photo) mais gominée vers l'arrière, elle permet également un style sage très "old school" (voire légèrement nazi). 

- Le noeud papillon : L'accessoire du Danois par excellence. Il le porte et l'assume de jour comme de nuit. Il n'est pas rare de voir le Danois en smoking dans les night-club. 

- La non-consommation de cigarettes : Bien sûr il existe des exceptions et il peut leur arriver de fumer quelques cigarettes pendant les soirées mais de manière générale, le Danois a un mode de vie sain (à l'exception du vendredi et samedi soir). Ou peut être craint-il d'abîmer sa dentition et de ternir son grain de peau Viking en étant exposé aux émanations nocives du tabac ?

- La consommation astronomique de bière : Le Danois sort peu en semaine. Mais dès que viens le week-end, des hordes assoiffées envahissent les rues, bars et night-clubs. Le Danois boit sa première bière vers 15h. La consommation moyenne par soirée  varie entre 10 et 15 bières. Comment le Danois n'est-il pas alors obèse ? 

- La pratique intensive de sport: Voilà la solution.  Le Danois se déplace à vélo, (d'où un lien de parenté possible avec le Bobo), fait du jogging à des heures absurdes et par n'importe quel temps (bon c'est vrai que si on doit attendre qu'il fasse beau...), et il passe son temps au Fitness (clubs de gym à tous les coins de rue) pour éliminer les excès du week-end. Le Danois entretien son corps avec patience et amour.

J'imaginais le Danois dans des vêtements sportswear et cosy ou en moonboots pour affronter le terrible froid nordique. Il n'en est rien. Le Danois porte autant de colliers et de bracelets qu'une fille et utilise 1 spray de laque par semaine. Le Danois assortit ses chaussettes à son tee-shirt et taille minutieusement sa barbe chaque matin pour qu'elle ai l'air sauvage et peu entretenue. Le Danois est un HIPSTER. (Ou le Danois est une femme). 

Ah oui, il faut aussi que je vous parle de ce petit bonnet qui ne cache même pas les oreilles porté sur le dessus de la tête, même à l'intérieur. Mais c'est compliqué. à expliquer (coutume Viking ? Signe d'appartenance au Club de Lutte Contre la Discrimination des Lutins et Autres Créatures de la Forêt ou revendication des oreilles décollées ?) Je pars en quête d'une photo. 

(Pour les initiés [Nicolas Docao] : se balader dans la rue au Danemark c'est comme tourner les pages de GQ)

A suivre, la Danoise...

dimanche 12 février 2012

Billedet er sjovt // La photo c'est rigolo

Billedet er sjovt
La photo c’est rigolo
(Ok, j’ai utilisé google traduction, 
je n’ai pas encore appris à dire ça)

Ce qui est chouette quand on est étudiant à l’étranger au Danemark, c’est que la maison des étudiants organise tout un tas de soirées d’activités pour vous. Et que comme vous êtes en échange, vous avez tout  le temps d’aller à l’atelier macramé ou peinture sur verre. Et pour l’exchange student que vous êtes, tout occasion est à saisir pour se faire de nouveaux amis.

Me voilà donc partie samedi matin à 10h pour la Maison des étudiants. Activité proposée ? Safari-photo dans Aarhus ! L’occasion pour moi de pouvoir enfin visiter la ville à la lueur du jour (honte sur moi je sais, mais ma chambre est tellement grande que je peux me promener dedans).

Le principe : 50 thèmes incongrus et 20 photos minimum à ramener avec sur chacune d’elle un membre de l’équipe (ou un membre d’un membre de l’équipe).
Nous avons fait une team colocs à 4 + un vieux norvégien ancien étudiant sorti de nulle-part mais néanmoins sympathique et qui avait un bon appareil photo.

Pour vous donner une idée, voici quelques-uns des thèmes proposés :

1.       Briques dans ta face
2.       Fermier
3.       Ne pleure pas pour moi
4.       Evasion d’hopital psychiatrique
5.       Il me faut un job !
6.       Où puis-je dormir ?
7.       Désespérément à la recherche d’alcool
8.       Crazy Vikings
9.       Le retour de Yoda
10.   Gueule de bois
11.   Je suis morte
12.   We are family
13.   Tarzan
14.   Je ne boirai plus jamais
15.   J’ai volé un vélo

Et quelques-unes de nos  oeuvres d’art : 


Karaoke

Le retour de Yoda (Star Wars)

Harem

Où puis-je dormir ?

Je suis mort(e)

Recherche alcool désespérément


mercredi 8 février 2012

Jeg cykle // Je fais du vélo




Jeg cykle
Je fais du vélo
Oui parfois le danois à l’air simple
Essayez de prononcer cette phrase…
C’est une autre paire de manches


On ne m’avait pas menti. Le vélo chez les Vikings c’est une institution.
Le relief s’y prête bien…sauf à Aarhus. Peut être la seule ville bâtie à moitié sur une colline. De chez moi on met 5 minutes à descendre dans le centre en roue libre et un bon quart d’heure à pédaler péniblement pour rentrer.  Le climat en revanche, ne se prête pas du tout à la circulation à vélo ! Avez-vous déjà essayé de conduire un vélo sous une tempête de neige avec les flocons qui vous fouettent le visage et s’insèrent dans les moindres interstices entre votre peau et vos vêtements ? Il faut être un peu timbré. Mais on s’adapte, on s’intègre et on conduit son vélo même sous la neige.
Imaginez quand même : il est quatre heure du matin, il fait moins dix, vous avez dansé pendant 5 heures d’affilées sur un dancefloor bondé, vous êtes en jupe et  vous devez ramener votre coloc qui n’est pas en état de conduire droit… Tout cela peut s’avérer très décourageant. C’est pourquoi en cas d’extrême nécessité ou de flemme notoire, il est toujours possible de prendre un taxi. Et le vélo ? Qu’à cela ne tienne ! Monsieur le chauffeur sortira simplement un porte-vélo de son coffre et installera votre monture à l’arrière de la voiture en deux temps trois mouvements ! Mais la plupart du temps le vélo c'est vraiment pratique.  Tout ici est prévu pour nous, cyclistes, à commencer par nos autoroutes cyclables ! 
  
Quelle explication ? Il paraît que conduire une voiture est très chez au Danemark. Et les transports sont hors de prix. Et à 7 bières par jour, il faut bien trouver un moyen d’éliminer. Quoiqu'il en soit les Danois respectent scrupuleusement le code de la route. On descend de son vélo sur le passage piéton, on ne grille aucun feu au risque de faire l'objet d' un regard  haineux (valable pour les piétons aussi) et jamais ô grand jamais on n'emprunte la piste cyclable à contresens !  

Attention cependant au rétropédalage ! Moi qui avait l’habitude de pédaler en arrière dans le vide dans les descente pour passer le temps, j’ai failli mourir plusieurs fois car pédaler en arrière chez les Danois c’est actionner le frein de la roue arrière… 

Nos feux persos


 


Nos voies spéciales sur les carrefours

Ceci est une piste cyclable. Ne pas traverser sauvagement.


Ceci est un trottoir. Bien différencier de la piste cyclable. 




Jeg skal købe ind // Je vais au supermarché

"Jeg  skal købe ind"
Je vais au supermarché  
(Mon danois progresse, si si !)

Laissons les soirées, rencontres, amitiés, fou-rire de côté pour nous concentrer sur l’essentiel. L’une des premières aventures que j’ai vécue ici – après m’être perdue en bus, avoir appris qu’à Aarhus on doit rentrer par l’arrière du bus, être allée chez Ikéa acheter couettes, oreillers et tout un tas de trucs inutiles,  être quasi-morte d'hypothermie en attendant un bus qui n'est jamais venu et passé ma première soirée dans un bar plutôt glauque avec des vieux danois et de la bière pas chère – je reprend : ma première VERITABLE aventure ici a été ma découverte du supermarché danois.  

Faire ses courses dans un supermarché étranger est probablement le meilleur moyen de connaître un pays et de vivre tout un tas d’aventures et de mésaventures culinaires. Comme cette fois où mon coloc a voulu acheter  une salade et s’est retrouvé avec un chou. Ou comme en Espagne où nous avons découvert que la Vache qui rit était traduite en Vaca que rie. Ou comme au Portugal  où l’on s’est réfugié au supermarché, écœurés par la bouffe infâme des restos portugais. 

Pour ce qui est du Danemark, le pays où tout le monde parle anglais à la perfection, et qui a conscience d'être une petite contrée à la langue imprononçable, on pourrait s'attendre à voir tous les produits sous-titrés au supermarché. Erreur. Rien n'est traduit (alors qu'en France on n'a qu'à retourner une boîte de shampoing pour apprendre à dire "faire moussser et rincer abondamment" en allemand, suédois, turc, grec et portugais). Quelle folle aventure que de trouver du beurre dans les rayons...

Au top 3 des produits danois que j’affectionne je nomme :

1.    Le yaourt en brique

Au pays des fjords (ou presque), le yaourt se consomme en litron. Ou en seau. Oui avec une anse. La confiture aussi d’ailleurs.  Un conditionnement qui laisse rêveur ceux qui ont toujours voulu transgresser l’interdit familial de consommer plus d’un yaourt en guise de dessert, mais qui incite à l’abus. Je peux bien me verser encore un peu de yaourt ! 




2.    Le thé chaï

Pour être honnête, je connaissais déjà avant d’en trouver au Danemark. Grâce à Constance et ses Chaï tea latte réconfortants dans son 9m2 à Paris. Mais à l’exception des Starbucks et du numéro (bip) de la rue Chernoviz à Passy, aucun bar/café parisien ne sert une telle boisson. Thé, mélange d’épices, sucre et lait mousseux. Accompagné d’un snegl, ces petits pains danois à la cannelle (archi fat il faut le dire), ça donnerait presque du courage pour pédaler dans la neige par moins dix pour rejoindre le Baresso – équivalent du Starbucks – le plus proche ! Mais no need ! Car au supermarché danois, on peut acheter du chaï tea. Bon d’accord, le lait n’est pas mousseux et le résultat est mitigé mais pour revenir du centre-ville, c’est trois kilomètres de côte à 30° (et je ne parle pas en Celsius ).



3.    Les chocoflakes

Daphné, au Danemark, la bière va te faire grossir. Certes. Mais la bière sera en compétition avec les chocoflakes qui tiennent une place spéciale dans mon cœur. D’autant qu’ils se marient aussi bien avec le yaourt qu’avec un chaï tea latte. Et pour le coup, c’est vraiment danois. On les achète par boîte de quarante et c’est un produit de luxe, hors de prix. 45 DKK, vous imaginez ! (je commence à me faire à cette foutue monnaie locale  - même si je compte en bières - mais c’est une autre histoire – et les pièces ont vraiment des trous au milieu, sacrés Vikings !). 



Au top 3 des étrangetés danoises :

1.    L’amour du conditionnement en briques

Briques  de lait, on connaît. Briques de soupe aussi. Briques de jus de fruit, banal. Mais briques de yaourt, briques de compote ? C’est peut être le côté écolo Tetrapack des Danois. Ça m’aurait au moins appris à dire brique en anglais. 

Compote d'abricot

2.    Le casse-tête des briques de lait

7  différentes couleurs de briques. Et des pourcentages de matière grasse incongrus. Mon instinct m'a guidé vers la brique bleue qui ressemble à notre bon vieux demi-écrémé français.


3.    Sandwich Land

Un rayon entier d’ingrédients pour faire des sandwiches créatifs. Le paradis de mes colocs garçons. Charcuterie, fromage, etc… Probablement initialement pour les traditionnels Smørrebrød. Et du pain, du pain, du pain. De toutes sortes, couleurs, goûts : blanc, marron, noir, 3 graines, 4 graines, 12 graines, complet, frais, en sachet, congelé !

Au top 3 des mésaventures culinaires :

1.    Le jus de fruit piégé

Hier nous avons organisé un petit apéro à la maison avant de nous rendre à l’International Night à la Maison des étudiants à quelques mètres. Nous avions donc quelques invités. En bonne hôtesse, je sers un jus de fruit à Azucena (une espagnole rencontrée à mon cours de danois). Bien élevée elle n’a rien osé dire jusqu’à ce que mon coloc américain me signale « you should put water on it ». Les américains ont des habitudes culinaires étranges et de manière générale  je ne me fie pas à Dane qui consomme des protéines en poudre conditionnées dans une monumentale boite de 5 kilos. Mais pour cette fois il avait raison. Fra Koncentrater, ça ne veut pas dire à base de concentré mais concentré, tout court. La pauvre était littéralement en train de boire du sirop.

2.    Les épinards imposteurs


Déjeuner entre fille : 20 mini hot-dogs home-made (grande première pour moi), des gâteaux abjects à la crème et à la confiture, 2 chocolats chauds et beaucoup de culpabilité m’ont poussé à chercher désespérément un reste de salade dans mon  frigo pour « faire glisser » comme dirait Maman. Sans succès. C’est pourquoi je me suis rabattue sur un sachet d’épinards congelés. Je me suis aperçue que quelque chose n’allait pas à la première bouchée. J’avais l’impression de mâcher du persil . En réalité c’est un truc étrange auquel probablement seuls les allemands et le danois peuvent survivre. Mon amie allemande était très surprise que je ne connaisse pas mais impossible de trouver une traduction commune (elle ne connaissait pas le mot en anglais). Plus tard elle m’a annoncé que j’avais mangé du « chou frisé ». Voyez la photo. Inconnu en France. 

Miam.

3.    Les lasagnes à la mozzarella

S’il vous plaît envoyez moi un colis d’emmental râpé par la poste, je n’en peux plus de mettre du « pizza topping » (rebut de fromages reconstitués et râpés)  partout.