mercredi 8 février 2012

Jeg skal købe ind // Je vais au supermarché

"Jeg  skal købe ind"
Je vais au supermarché  
(Mon danois progresse, si si !)

Laissons les soirées, rencontres, amitiés, fou-rire de côté pour nous concentrer sur l’essentiel. L’une des premières aventures que j’ai vécue ici – après m’être perdue en bus, avoir appris qu’à Aarhus on doit rentrer par l’arrière du bus, être allée chez Ikéa acheter couettes, oreillers et tout un tas de trucs inutiles,  être quasi-morte d'hypothermie en attendant un bus qui n'est jamais venu et passé ma première soirée dans un bar plutôt glauque avec des vieux danois et de la bière pas chère – je reprend : ma première VERITABLE aventure ici a été ma découverte du supermarché danois.  

Faire ses courses dans un supermarché étranger est probablement le meilleur moyen de connaître un pays et de vivre tout un tas d’aventures et de mésaventures culinaires. Comme cette fois où mon coloc a voulu acheter  une salade et s’est retrouvé avec un chou. Ou comme en Espagne où nous avons découvert que la Vache qui rit était traduite en Vaca que rie. Ou comme au Portugal  où l’on s’est réfugié au supermarché, écœurés par la bouffe infâme des restos portugais. 

Pour ce qui est du Danemark, le pays où tout le monde parle anglais à la perfection, et qui a conscience d'être une petite contrée à la langue imprononçable, on pourrait s'attendre à voir tous les produits sous-titrés au supermarché. Erreur. Rien n'est traduit (alors qu'en France on n'a qu'à retourner une boîte de shampoing pour apprendre à dire "faire moussser et rincer abondamment" en allemand, suédois, turc, grec et portugais). Quelle folle aventure que de trouver du beurre dans les rayons...

Au top 3 des produits danois que j’affectionne je nomme :

1.    Le yaourt en brique

Au pays des fjords (ou presque), le yaourt se consomme en litron. Ou en seau. Oui avec une anse. La confiture aussi d’ailleurs.  Un conditionnement qui laisse rêveur ceux qui ont toujours voulu transgresser l’interdit familial de consommer plus d’un yaourt en guise de dessert, mais qui incite à l’abus. Je peux bien me verser encore un peu de yaourt ! 




2.    Le thé chaï

Pour être honnête, je connaissais déjà avant d’en trouver au Danemark. Grâce à Constance et ses Chaï tea latte réconfortants dans son 9m2 à Paris. Mais à l’exception des Starbucks et du numéro (bip) de la rue Chernoviz à Passy, aucun bar/café parisien ne sert une telle boisson. Thé, mélange d’épices, sucre et lait mousseux. Accompagné d’un snegl, ces petits pains danois à la cannelle (archi fat il faut le dire), ça donnerait presque du courage pour pédaler dans la neige par moins dix pour rejoindre le Baresso – équivalent du Starbucks – le plus proche ! Mais no need ! Car au supermarché danois, on peut acheter du chaï tea. Bon d’accord, le lait n’est pas mousseux et le résultat est mitigé mais pour revenir du centre-ville, c’est trois kilomètres de côte à 30° (et je ne parle pas en Celsius ).



3.    Les chocoflakes

Daphné, au Danemark, la bière va te faire grossir. Certes. Mais la bière sera en compétition avec les chocoflakes qui tiennent une place spéciale dans mon cœur. D’autant qu’ils se marient aussi bien avec le yaourt qu’avec un chaï tea latte. Et pour le coup, c’est vraiment danois. On les achète par boîte de quarante et c’est un produit de luxe, hors de prix. 45 DKK, vous imaginez ! (je commence à me faire à cette foutue monnaie locale  - même si je compte en bières - mais c’est une autre histoire – et les pièces ont vraiment des trous au milieu, sacrés Vikings !). 



Au top 3 des étrangetés danoises :

1.    L’amour du conditionnement en briques

Briques  de lait, on connaît. Briques de soupe aussi. Briques de jus de fruit, banal. Mais briques de yaourt, briques de compote ? C’est peut être le côté écolo Tetrapack des Danois. Ça m’aurait au moins appris à dire brique en anglais. 

Compote d'abricot

2.    Le casse-tête des briques de lait

7  différentes couleurs de briques. Et des pourcentages de matière grasse incongrus. Mon instinct m'a guidé vers la brique bleue qui ressemble à notre bon vieux demi-écrémé français.


3.    Sandwich Land

Un rayon entier d’ingrédients pour faire des sandwiches créatifs. Le paradis de mes colocs garçons. Charcuterie, fromage, etc… Probablement initialement pour les traditionnels Smørrebrød. Et du pain, du pain, du pain. De toutes sortes, couleurs, goûts : blanc, marron, noir, 3 graines, 4 graines, 12 graines, complet, frais, en sachet, congelé !

Au top 3 des mésaventures culinaires :

1.    Le jus de fruit piégé

Hier nous avons organisé un petit apéro à la maison avant de nous rendre à l’International Night à la Maison des étudiants à quelques mètres. Nous avions donc quelques invités. En bonne hôtesse, je sers un jus de fruit à Azucena (une espagnole rencontrée à mon cours de danois). Bien élevée elle n’a rien osé dire jusqu’à ce que mon coloc américain me signale « you should put water on it ». Les américains ont des habitudes culinaires étranges et de manière générale  je ne me fie pas à Dane qui consomme des protéines en poudre conditionnées dans une monumentale boite de 5 kilos. Mais pour cette fois il avait raison. Fra Koncentrater, ça ne veut pas dire à base de concentré mais concentré, tout court. La pauvre était littéralement en train de boire du sirop.

2.    Les épinards imposteurs


Déjeuner entre fille : 20 mini hot-dogs home-made (grande première pour moi), des gâteaux abjects à la crème et à la confiture, 2 chocolats chauds et beaucoup de culpabilité m’ont poussé à chercher désespérément un reste de salade dans mon  frigo pour « faire glisser » comme dirait Maman. Sans succès. C’est pourquoi je me suis rabattue sur un sachet d’épinards congelés. Je me suis aperçue que quelque chose n’allait pas à la première bouchée. J’avais l’impression de mâcher du persil . En réalité c’est un truc étrange auquel probablement seuls les allemands et le danois peuvent survivre. Mon amie allemande était très surprise que je ne connaisse pas mais impossible de trouver une traduction commune (elle ne connaissait pas le mot en anglais). Plus tard elle m’a annoncé que j’avais mangé du « chou frisé ». Voyez la photo. Inconnu en France. 

Miam.

3.    Les lasagnes à la mozzarella

S’il vous plaît envoyez moi un colis d’emmental râpé par la poste, je n’en peux plus de mettre du « pizza topping » (rebut de fromages reconstitués et râpés)  partout.

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