"Jeg skal købe ind"
Je vais au supermarché
(Mon danois progresse, si si !)
Laissons
les soirées, rencontres, amitiés, fou-rire de côté pour nous concentrer sur l’essentiel.
L’une des premières aventures que j’ai vécue ici – après m’être perdue en bus,
avoir appris qu’à Aarhus on doit rentrer par l’arrière du bus, être allée chez
Ikéa acheter couettes, oreillers et tout un tas de trucs inutiles, être quasi-morte d'hypothermie en attendant un bus qui n'est jamais venu et passé ma
première soirée dans un bar plutôt glauque avec des vieux danois et de la bière
pas chère – je reprend : ma première VERITABLE aventure ici a été ma découverte du supermarché danois.
Faire ses courses dans un
supermarché étranger est probablement le meilleur moyen de connaître un pays et
de vivre tout un tas d’aventures et de mésaventures culinaires. Comme cette fois
où mon coloc a voulu acheter une salade
et s’est retrouvé avec un chou. Ou comme en Espagne où nous avons découvert que
la Vache qui rit était traduite en Vaca que rie. Ou comme au Portugal où l’on s’est réfugié au supermarché, écœurés
par la bouffe infâme des restos portugais.
Pour ce qui est du Danemark, le pays où tout le monde parle anglais à la perfection, et qui a conscience d'être une petite contrée à la langue imprononçable, on pourrait s'attendre à voir tous les produits sous-titrés au supermarché. Erreur. Rien n'est traduit (alors qu'en France on n'a qu'à retourner une boîte de shampoing pour apprendre à dire "faire moussser et rincer abondamment" en allemand, suédois, turc, grec et portugais). Quelle folle aventure que de trouver du beurre dans les rayons...
Au top 3 des
produits danois que j’affectionne je nomme :
1.
Le yaourt en brique
Au pays des fjords (ou
presque), le yaourt se consomme en litron. Ou en seau. Oui avec une anse. La
confiture aussi d’ailleurs. Un
conditionnement qui laisse rêveur ceux qui ont toujours voulu transgresser l’interdit
familial de consommer plus d’un yaourt en guise de dessert, mais qui incite à l’abus.
Je peux bien me verser encore un peu de yaourt !
2.
Le thé chaï
Pour être honnête, je
connaissais déjà avant d’en trouver au Danemark. Grâce à Constance et ses
Chaï tea latte réconfortants dans son 9m2 à Paris. Mais à l’exception des
Starbucks et du numéro (bip) de la rue Chernoviz à Passy, aucun bar/café
parisien ne sert une telle boisson. Thé, mélange d’épices, sucre et lait
mousseux. Accompagné d’un snegl, ces petits pains danois à la cannelle (archi
fat il faut le dire), ça donnerait presque du courage pour pédaler dans la
neige par moins dix pour rejoindre le Baresso – équivalent du Starbucks – le
plus proche ! Mais no need ! Car au supermarché danois, on peut
acheter du chaï tea. Bon d’accord, le lait n’est pas mousseux et le résultat
est mitigé mais pour revenir du centre-ville, c’est trois kilomètres de côte à
30° (et je ne parle pas en Celsius ).
3.
Les chocoflakes
Daphné, au Danemark, la bière
va te faire grossir. Certes. Mais la bière sera en compétition avec les
chocoflakes qui tiennent une place spéciale dans mon cœur. D’autant qu’ils se
marient aussi bien avec le yaourt qu’avec un chaï tea latte. Et pour le coup, c’est
vraiment danois. On les achète par boîte de quarante et c’est un produit de
luxe, hors de prix. 45 DKK, vous imaginez ! (je commence à me faire à
cette foutue monnaie locale - même si je compte en bières - mais c’est une autre histoire – et les pièces ont
vraiment des trous au milieu, sacrés Vikings !).
Au top 3 des
étrangetés danoises :
1. L’amour
du conditionnement en briques
Briques de lait, on connaît. Briques de soupe aussi. Briques
de jus de fruit, banal. Mais briques de yaourt, briques de compote ? C’est
peut être le côté écolo Tetrapack des Danois. Ça m’aurait au moins appris à
dire brique en anglais.
| Compote d'abricot |
2. Le casse-tête des briques de lait
7 différentes couleurs de briques. Et
des pourcentages de matière grasse incongrus. Mon instinct m'a guidé vers la
brique bleue qui ressemble à notre bon vieux demi-écrémé français.
3. Sandwich Land
Un rayon entier d’ingrédients
pour faire des sandwiches créatifs. Le paradis de mes colocs garçons. Charcuterie,
fromage, etc… Probablement initialement pour les traditionnels Smørrebrød. Et
du pain, du pain, du pain. De toutes sortes, couleurs, goûts : blanc,
marron, noir, 3 graines, 4 graines, 12 graines, complet, frais, en sachet,
congelé !
Au top 3 des
mésaventures culinaires :
1.
Le jus de fruit piégé
2. Les épinards imposteurs
Déjeuner entre fille : 20
mini hot-dogs home-made (grande première pour moi), des gâteaux abjects à la
crème et à la confiture, 2 chocolats chauds et beaucoup de culpabilité m’ont
poussé à chercher désespérément un reste de salade dans mon frigo pour « faire glisser » comme
dirait Maman. Sans succès. C’est pourquoi je me suis rabattue sur un sachet d’épinards
congelés. Je me suis aperçue que quelque chose n’allait pas à la première
bouchée. J’avais l’impression de mâcher du persil . En réalité c’est un truc
étrange auquel probablement seuls les allemands et le danois peuvent survivre.
Mon amie allemande était très surprise que je ne connaisse pas mais impossible
de trouver une traduction commune (elle ne connaissait pas le mot en anglais).
Plus tard elle m’a annoncé que j’avais mangé du « chou frisé ». Voyez
la photo. Inconnu en France.
![]() |
| Miam. |
3.
Les lasagnes à la mozzarella
S’il vous plaît envoyez moi
un colis d’emmental râpé par la poste, je n’en peux plus de mettre du « pizza
topping » (rebut de fromages reconstitués et râpés) partout.


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